Festivals

Un été 2017 de festivals ! Partie 1 : Cognac Blues Passions

04 au 08 juillet 2017 – Cognac Blues Passions

Après un an d’absence, comme souvent, c’est le Blues Passions qui me remet dans le bain, et comme souvent, cette session nous offre son lot de satisfactions, retour à une mise en page antérieure pour l’occasion.

Comme l’année passée j’ai eu la chance de me retrouver au cœur même de la fournaise artistique en tant qu’accueil loge sur la scène « Expérience Cognac« , une place enviable pour tous les amateurs de découvertes artistiques.

En tout cas, comme chaque édition, le Blues Passions évolue, en bien ou en mal ? A vous de me le dire, mais à en juger par les scènes « Tonic Day » et « Expérience Cognac« , on peut dire que la qualité perdure sans fausses notes, c’est d’ailleurs toujours excessivement compliqué de choisir quels groupes mettre en avant sur mes reports. Alors est-ce qu’on a trouvé des perles du même acabit que des No Money Kids, The Cyborgs ou Leyla McCalla cette année ?

Décryptage :

La soirée de Jarnac

Anna Kova – Kenny Neal – Lisa Simone

Pour débuter, un petit texte pour ré exprimer ma fascination pour la programmation à Jarnac chaque année. Et quelle tristesse de voir un lieu aussi incroyable ne pas se remplir pour la 24eme édition du festival. Parce que le spectacle était au rendez-vous.

Après un amuse gueule délicat et pétillant aux côtés d’Anna Kova, c’était au tour de Kenny Neal d’éblouir son monde avec un show complètement fou a la hauteur de sa légende. Quel bonheur de le voir avant son concert applaudir l’orchestre déambulatoire du festival et leur offrir en guise de rappel de son propre spectacle un morceau à ses côtés. Certains cuivres ont même eu le droit à un solo ! Une belle preuve de l’humanité du bonhomme, un grand grand monsieur !

Puis vint le tour de Lisa Simone, et après la prestation précédente, dur d’imaginer meilleur concert avec toutes les attentes engendrées par sa venue à Cognac. Difficile d’exister à côté du mythe de son illustre mère ? La réponse est « non », je dirai même qu’elle s’en nourrit et qu’elle ne cherche jamais à échapper à cette réalité. Et puis quelle voix, mon dieu quelle voix, une voix qui nous fait oublier tout le reste, même Kenny Neal juste avant. En plus elle est accompagnée par un orchestre et des partitions orchestrales encore plus pêchues, un seul mot : Magique !

La Bonne Découverte :

Alaska Gold Rush

Direction la Belgique francophone pour découvrir le prochain groupe : Alaska Gold Rush. Bruxelles à la recherche de nouveautés dans le registre Blues ? Ne cherchez plus ils sont là, ils sont deux, ils sont jeunes et ils rayonnent désormais à l’international (ou presque).

Le concert en lui-même est un récital rythmique et harmonique avec deux personnalités qui s’accordent à première vue dans la vie et incontestablement sur scène. Ils ont d’ailleurs tout intérêt à bien se connaître tant les morceaux sont bourrées de ruptures, on frôlerait la syncope à chacune d’entre elles. La voix du chanteur, tout en émotion et naturel s’accorde très bien à un combo guitare/batterie détonnant, on y trouve même sur certains accents vocaux des bribes de Bob Dylan c’est dire. Le registre blues est modernisé par un véritable casse-tête rythmique qui donne une véritable profondeur au set, on pourrait même parler d’ascenseur émotionnel tant le tempo peut évoluer du tout au tout en quelques secondes, on diverge presque vers une country moderne lors de quelques instants où les connexions naturelles s’opèrent de façon divine.

Le groupe s’est produit deux fois sur deux scènes et devant deux publics très différents. La vraie performance eut lieu lors de la seconde prestation devant un public d’enfants transportés par le duo. Depuis Riverhside il y a 3 ans, dans un autre registre, je n’avais plus vu de groupe sur la « Tonic » rentrer autant en communion avec le jeune public. L’humilité des deux compères a fait chavirer grands et petits.

En plus de deux super concerts j’ai eu le droit à une super rencontre avec des artistes d’une politesse et d’une gentillesse folles, à l’instar de leur sonorisateur d’ailleurs. S’ils ont manifestement peine à se projeter vers le futur, l’avenir devrait les voir continuer à progresser et découvrir toujours plus de belles scènes.

La douceur :

Lucy Rose

L’émotion de l’année est à mettre au crédit de Lucy Rose, un petit brin de femme incroyable accompagné par un clavier et une basse sous un cagnard tout bonnement inimaginable. Il en fallait du courage pour affronter en plein cœur de l’après-midi le soleil cognaçais qui avait visiblement bien choisi son moment. C’est d’ailleurs couvert d’écran solaire que la belle entra sur scène, vu la blancheur de sa peau, on a sûrement évité un drame. Bref…

Lucy Rose, c’est tout d’abord de la tendresse à tous les niveaux, mais aussi et surtout une voix chaleureuse avec des aigus absolument somptueux qui vous font extérioriser vos émotions les plus enfouies. Pour écouter Lucy Rose, il ne faut pas être accro aux tangos endiablés ou aux riffs de guitare tapageurs, on est d’accord. Mais en accueillant volontiers le registre délivré et en acceptant de se faire bercer une grosse heure par une voix suave et des lignes musicales lancinantes, il y a tout pour passer un moment plus qu’agréable. Et les courageux qui se sont placés en face de la scène sous la chaleur accablante l’ont bien compris !

Mademoiselle rose se permettra un moment « cute » avec trois gamines aux cœurs, le temps de deux morceaux pour faire chavirer les spectateurs déjà conquis

Un petit air de Dido parfois Lucy, non ?

Le coup de cœur :

Eriksson Delcroix

Je ne pouvais imaginer que mon coup de cœur de l’édition pourrait être un groupe aux racines Country. Pourtant, Eriksson Delcroix et son live dansant et touchant à la fois me font penser qu’il ne faut pas s’arrêter à ses préjugés stylistiques. Björn Eriksson, leader naturel de la formation est d’abord connu pour la somptueuse BO du film Alabama Monroe (ça classe le bonhomme moustachu !), il revient avec sa femme pour former un duo charismatique et envoûtant.

Sur scène par contre ils sont 6 ,de mémoire, avec le père de Björn en guest au banjo dans le rôle du lièvre fou complètement épatant quand il prend le chant à son compte sur un morceau déjanté à souhait. Sinon 3 chants, des instruments peu courants (banjo, Triangle et l’instrument de la chanteuse entre accordéon et guitare… Jamais rencontré auparavant.) une guitare qui joue avec des sons quasi magnétiques à la limite du synthé parfois. Et surtout un Blue Grass qui swing bien plus en live que sur l’album qui se veut beaucoup plus intimiste.

Le jeu de scène est rodé et fait vraiment ressortir la personnalité de chacun. Björn est celui qui parle le plus souvent et assume son rôle de leader naturel, son père en bleu de travail lui joue à fond la carte de l’excentricité et adopte des attitudes en fort décalage avec le reste du groupe et Nathalie Delcroix la chanteuse se positionne à la frontière entre les deux entre timidité et danses alambiquées sur les morceaux les plus dansants.

Le groupe basé dans les Flandres a tout pour plaire à un large public. Il résonne singulièrement dans un style habituellement trop stéréotypé à mon goût.

Merci pour la claque !

La Sensation :

Laura Cox Band

Je vais certainement manquer de superlatifs pour évoquer la prestation de Laura Cox et son Band. Laura, chanteuse, guitariste du groupe, c’est à première vue la fusion parfaite entre Janice Joplin et Slash et mon dieu, c’est un compliment tant j’évoque deux monstres sacrés de la musique à mes yeux ! Il faut dire que Laura cox est un phénomène tant à la guitare qu’au chant.

Parlons d’abord de la guitare qui n’est rien d’autre qu’une seconde peau de l’artiste. Des solos endiablés parfois doublés par le guitariste, une présence scénique énergique du groupe entier et un public qui est resté en nombre complètement happé par le côté euphorisant du spectacle proposé. Et si Laura voulait prouver d’après ses mots que « les femmes peuvent aussi bien jouer de la guitare que les hommes » la question ne s’est jamais posée et ne se posera jamais plus c’est certain. On regrettera le petit souci technique qui nous a privé d’un morceau au banjo (sûrement le morceau « Barefoot in the Countryside » ?), pas de problème, le band embraye sur un morceau toujours plus efficace qui ravira le public définitivement en sueur.

Je parlais de Slash et Janice tout à l’heure, l’élément le plus « perturbant » de la personnalité artistique de Laura Cox, c’est la pluralité des influences qui ressortent à chaque note. Liste non exhaustive : Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Joan Jett, AC/DC, Patti Smith, ZZ Top, Guns N’ Roses, sur les morceaux les moins puissants dans la voix se cachent même des petites intonations à la « The Do ». Un vrai micmac d’influences rock pour un show tout en puissance et en féminité, mais aussi une agréable rencontre avec un manager et un groupe très abordable et heureux de travailler ensemble. Et après un petit coup de main pour remballer, la soirée se terminait par quelques éclats de rire et un bon cognac.

L’instant Blues :

Blues Caravan (Tasha Taylor – Ina Forsman – Layla Zoe)

Difficile de passer à côté de ces trois jeunes femmes bourrées de talent qui ont fait l’unanimité toute la semaine que ça soit lors de leurs prestations solos, leur participation au concert de Larry Graham ou lors de l’association de leurs trois voix pour le concert « Blues Caravan« . D’ailleurs « Blues Caravan » c’est quoi ? Un projet réunissant chaque année un plateau  d’artistes solos prometteurs sur une seule et même tournée. En voyant l’affiche on peut avoir peur du côté artificiel des trois demoiselles, tu parles ! Porté par trois voix somptueuses et très différentes ainsi qu’un sens du show hors du commun, la prestation est un des moments les plus incroyables de cette session.

S’il est bien vrai que les trois artistes se complètent à merveille, la jeune Ina forsman, 22 ans, se dégage tout de même naturellement du lot. Sa précocité laisse entrevoir un avenir radieux !

On aurait pu en parler :

On aurait pu parler d’Archive, un show intéressant mais en dessous des attentes notamment à cause d’un son assez bizarrement mixé et sûrement pas assez fort. On aurait pu parler du show magnifique de -M- accompagné de Lanomali, un vrai show-men qui a su transmettre ça à ses compagnons de tournée. On aurait aussi pu parler de l’Alien Minnie Marks qui à 20 ans n’a rien à envier à ses idoles en guitare sèche et en chant. On aurait pu parler des prestations insipides de Milky chance et LP, autant acheter le disque. J’aurais aimé parler de Sarah Letor, coup de coeur il y a 3 ans de cela ou encore de Dédé Manoukian & China Moses, je n’ai malheureusement pas pu les voir. On aurait pu parler de la pop colorée de Norma et du groove de Full Tags, deux très beaux moments sur la scène « Tonic« , mais aussi de Siska et son trip-hop, des OMNIs King Daltons et du terrible Aymeric Maïni, prix Cognac Blues Passions, qui mérite sa distinction au vu de sa progression année après année (lui a déjà eu le droit à son report l’année passée)

Notes :

Note artistique : ***** (Une qualité indiscutable malgré quelques fausses notes sur la grande scène)

Lieu : ***** (Que ça soit à Jarnac, cognac ou sur les scènes délocalisées, il n’y a décidément rien à redire)

Public (jauge) : ***** (Décevant)

Ambiance : ***** (Public très familial et calme la journée, prêt a danser le soir venu, parfois un peu mou…)

Cohérence de la programmation : ***** (En adéquation avec l’évolution de l’événement)

En bref :

Toujours un bonheur de se retrouver dans un lieu aussi magique, pas grand-chose de plus à dire. Peu de fausses notes. On a hâte de découvrir ce que Michel Roland nous programme pour cette 25eme édition ! Les paris sont ouverts !

 

 

 

 

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